Monique Faillard, peintre aixoise

Monique Faillard est née sous les contreforts de la tutélaire montagne Sainte-Victoire et dès l’âge de sept ans elle a décidé qu’elle ouvrirait un atelier pour accueillir et serait artiste peintre. Soutenue par sa famille dès cette époque, après le lycée, elle part à  Paris, suit la formation Martenot puis à Florence (Italie) pour y travailler les techniques de l’huile et de l’aquarelle. Elle devient l’élève du père Diego Donati, moine franciscain et chef de file des graveurs de Perugia où elle se forgea aux techniques de l’eau-forte, de l’aquatinte, de la lithographie.

Ses premières expositions internationales remontent à 1979 et en particulier aux États-Unis et depuis 30 ans, régulièrement au Japon, à la culture duquel elle voue une fascination qui enrichit maintenant régulièrement son atelier-galerie et sa région d’expositions et d’évènements artistiques qui s’y produisent sous sa dynamique impulsion.

Alors que Monique Faillard parcourt souvent une partie du monde pour exposer, la campagne aixoise répond toujours à ses aspirations les plus profondes et lui offre tous ses sujets. Avec ses élèves et les stagiaires qui viennent de nombreux pays, elle sillonne sa terre pour saisir sur le motif cette vibration cézanienne que personne ne se lassera jamais de trouver ici. Avec la fougue et un tempérament bouillant comptable d’un talent forgé aux mêmes valeurs, Monique Faillard fait aujourd’hui plus que jamais “rugir les couleurs”. Sa palette est jubilatoire, vive de santé, de force et d’amour de la vie, elle est une perpétuelle explosion de vitalité et de couleurs. Ses couteaux la dépose, franche en larges touches qui se superposent et se mélangent sur la toile. La symphonie des verts où la fulgurance de la lumière métamorphose les verts anglais des feuillages en jaune de Naples. Les rouges intenses éclatent en feu d’artifice, les jaunes purs de colza rivalisent avec les oranges des tournesols. Découpés en aplats successifs, les plans de couleurs se répartissent, de plus en plus  fauves dans la force accrue d’une géométrie forgée aux contrastes puissants des alignements et croisements de droites dans une quasi absence de courbes.

Cette destructuration savante de l’espace, Monique Faillard ne la calcule, ne la dessine pas au préalable sur la toile. Elle est déjà construite en elle, en osmose avec le motif qui littéralement se projette en elle. Aucune préméditation ne vient entamer cette révélation sensuelle, chromatiquement  sonore avec la nature et qui lui fait restituer sur la toile ses impressions premières viscérales jusqu’à l’indéfinissable.

C’est le langage de l’indicible, bien loin de la stricte reproduction des choses, c’est l’interprétation d’un chant où les notes prennent, par leur coloration, le pouvoir de l’image.

Présentation issue de l’“Univers des Arts”  n° 33, pp. 82-83, par Jean-Louis Avril

Je passe de longues heures à peindre à l’ombre des marronniers dans le Jardin du Studio Synergik. J’aime l’idée que mes tableaux évoluent au gré de la lumière et de l’inspiration… C’est tellement apaisant et ressourçant.

2017-06-01T15:48:53+00:00